Jeudi.
J’appelle le service technique surtaxé de Télé 2 dans l’après-midi.
Jimmy prend mon appel :
- (Jimmy) C’est
Cyril qui s’occupe de votre dossier. Il doit vous rappeler demain.
- (moi) Oui,
il a appelé hier, alors qu'on s'était donné rendez-vous pour
aujourd'hui. Demain je ne serai pas là. Pour tout le week-end. Je l’avais
dit à Cyril. C’est pour cela qu’on avait pris rendez-vous pour
aujourd’hui.
- (Jimmy)
Mais Cyril est absent aujourd’hui.
- (moi) Et
bien sûr, il ne le savait pas mardi, quand il m’a fixé ce rendez-vous
?
- (Jimmy) Je
ne peux rien vous dire de plus.
- (moi) Si
! vous allez me dire où en est la réparation de la panne de ma ligne
ADSL.
- (Jimmy) Non
! Je ne peux rien vous dire. C’est Cyril qui gère votre dossier,maintenant.
- (moi) Vous
vous fichez du monde ? Je vais engager des poursuites contre Télé2,
c’est comme cela que ça va se terminer.
Certains lecteurs vont avoir
l'impression que je « saucissonne », que je « tire à
la ligne » comme disent les pigistes: déjà onze épisodes,
et rien ne se passe !
De fait, j'ai la détestable
et frustrante sensation de suivre la bande dessinée de Mandrake le Magicien,
publiée en strips dans France-Soir il y a 30 ans. Chaque soir,
je me précipitais sur les trois images de l'épisode du jour, mais ça
n'avançait pas : la première image reprenait sous un angle différent
la dernière de la veille, et dans les deux suivantes, Mandrake s'entêtait
à sembler mort, flottant à la surface d'une immense piscine artificielle,
en fait une pièce inondée, le nez enfoncé dans l'eau, les bras en
croix, et les cheveux impeccablement gominés. Il est resté dans l'eau pendant
un mois. Je veux dire : pendant 4 semaines de publication de France-Soir. Je suis parti
en colonie de vacances en le laissant le nez dans la flotte, et je n'ai jamais su s'il
avait pu s'en sortir : à mon retour, le strip de France-Soir,
c'était Lucky Luke.
Je crois bien que Télé2
c'est Mandrake. La magie en moins.