Mercredi. Midi pile.
- (Aurélie) C'est
moi-même que vous avez eue hier !
Avec quel humour elle retourne
la situation, cette Aurélie ! Elle sait bien qu'hier, c'est elle qui m'avait eu,
en me raccrochant au nez devant mon insistance à vouloir parler à un technicien
ou à son responsable.
Mais je ne lui en veux pas
: je sais qu'elle fait un métier difficile, qui consiste à faire rentrer
dans des cases prévues à l'avance des situations qui échappent complètement
aux prévisions. Et puis, sa présence me rassure, moi qui me demandait où
pouvaient bien passer tous ces Jérémy, Bastien, Christophe, Annick, et autres
Jimmy, Jean-Marc, Thao ou Julien que Télé 2 semble consommer à raison
d'un par jour. Ils ne sont donc pas systématiquement renvoyés après
leur premier coup de fil : je peux donc espérer qu'une fois, de temps en temps,
quelqu'un se souvienne que j'ai effectué ma première démarche le
31 janvier, date de la coupure inexpliquée de l'ADSL. Il y a 16 jours, déjà
! Certes je suis loin du record de Rodolphe
Deschamps, mais sait-on jamais...
- (Aurélie) Votre
ligne est sous expertise, Monsieur. J'ai transmis votre dossier hier et je vous l'ai
dit : il faut attendre 10 jours maximum à compter du 13 février. Vous
serez rappelé.
- (moi) Mais
enfin, on m'a déjà dit ça le 31 janvier. Puis le 4 février.
Qu'est-ce qui me dit que dans 10 jours, vous n'allez pas me dire - vous ou un collègue,
ce n'est pas personnel, vous savez - qu'il faut attendre 10 jours à compter
du 25 février, puis à nouveau à compter du 5 mars, et ainsi de
suite ?
- (Aurélie)
Mais puisque je vous l'ai dit, Monsieur. L'expertise est en cours. Il faut compter
10 jours, c'est tout, c'est la procédure.
- (moi) Il
faut compter 10 jours, ou bien 10 jours c'est le maximum ? Vous comprenez que ce n'est
pas la même chose !
- (Aurélie)
Non ! 10 jours, c'est le maximum.
- (moi) Alors
si personne ne me rappelle d'ici demain, c'est moi qui rappellerai pour savoir où
en est l'expertise. Au revoir, Mademoiselle.
Elle paraît tellement
convaincue, la pauvre ! qu'elle me fait un peu de peine. On lui demande de dire des sornettes
avec aplomb, et elle dit ses sornettes avec aplomb. Quoique son aplomb m'a semblé
nettement moins catégorique qu'hier. J'espère que son superviseur n'aura
pas détecté dans cet aplomb ramolli une faiblesse qui l'autoriserait à
la renvoyer comme ses petits camarades dont je n'ai plus de nouvelles.
Cela dit, j'espère tout
de même un miracle avant ce soir : c'est en effet ce soir à minuit l'heure
limite pour le paiement du premier tiers des impôts. Or depuis l'an dernier, c'est
par internet que je paie mes impôts, ce qui me permet de bénéficier
d'un abattement de 20 euros. Et pour des raisons qui dépassent mes compétences,
le ministère des Finances stipule que l'opération doit être réalisée
depuis le poste qui servira à cela pour les paiements suivants. Ce qui élimine
(sauf cataclysme se prolongeant jusqu'en mai, ce que je n'ose envisager) le poste de secours
mis à ma disposition par mes beaux-parents, et duquel je me rends sur internet
dès 23 heures chaque soir depuis maintenant deux semaines.
Dans l'attente du miracle,
j'adresse une télécopie au service
clientèle de Télé 2. Pour fixer des délais à ma
mise en demeure du 13 février, demeurée sans réponse.
Le miracle n'étant pas
intervenu, je signe le TIP que je mets sous enveloppe affranchie, et que je vais poster
au centre de tri à 23 heures, en me rendant à mon poste de secours... Et
voilà comment on perd 20 euros et un timbre, sans compter les timbres des deux
prochains tiers.