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Lundi, fin de journée.
Mathieu a dû rentrer chez lui. Chez Télé 2, c'est Yann qui s'y
colle.
Il manque d'humour, Yann. Et
ça m'irrite, oh, que ça m'irrite !
- (moi) Ce
matin, Mathieu m'a dit que Cyril serait là cet après-midi. J'aimerais
que vous me le passiez.
- (Yann) C'est
impossible, Monsieur.
- (moi) Comment
ça impossible ? Il n'est pas là ?
- (Yann) Non,
je ne peux pas vous le passer. Je ne peux pas passer de communication.
- (moi) Vous
avez un problème de téléphone ? Je parie que c'est Télé 2
votre opérateur. Vous m'auriez demandé avant, je vous aurais dit de
vous méfier...
- (Yann) ...
- (moi) Je
vois que l'humour du soir tombe à plat comme celui du matin. On ne doit pas
rire tous les jours, chez Télé 2.
- (Yann) Voulez-vous
que je demande à Cyril de vous rappeler ?
- (moi) Ah
je vois. C'est vous qui faites de l'humour, maintenant. Il y a deux minutes, vous
me dites que vous ne pouvez pas le contacter, alors vous allez faire comment pour
lui demander de m'appeler.
- (Yann) Je
lui envoie un message par mail.
- (moi) Ah
! Par courrier électronique, vous voulez dire. Mais oui ! C'est vrai que ça
existe ça. A condition d'avoir l'ADSL, évidemment. Moi ça fait
un mois que je ne l'ai plus, alors vous pensez bien, j'ai oublié que ça
existait...
- (Yann) Oui,
je vois sur le dossier que votre premier appel date du 31 janvier, mais je vous assure
que nous faisons le maximum. On a lancé plusieurs interventions. On vous a
rappelé de nombreuses fois.
- (moi) Hein
? Je rêve ? Vous m'avez rappelé de nombreuses fois.
- (Yann) Pas
moi, Monsieur. Mais on vous a rappelé souvent.
- (moi) Ah
oui ? Quand ça ?
- (Yann) Cyril
vous a rappelé quatre fois le 11 février.
- (moi) Faut
arrêter de m'énerver, là, vous savez. Le 11 février, Cyril
était prévenu que j'étais absent. Alors il aurait pu appeler
cinquante fois. Si c'est cela « rappeler souvent »...
- (Yann) Je
vous dis ce que je lis dans le dossier, Monsieur.
- (moi) Précisez-moi
: Cyril a donc tenté de m'appeler quand je n'étais pas là, le
11 février, il y a donc 16 jours. S'il a tenté de le faire 4 fois, sachant
que j'étais absent, c'est que cela devait être rudement important, non ?
Alors dites-moi ce qu'il avait de si important à me dire ?
- (Yann) Je
n'en sais rien. Il voulait vous tenir au courant de l'intervention.
- (moi) C'est
n'importe quoi : il n'y a pas eu d'intervention, et il n'y en a toujours pas. Vous
voyez bien que ma ligne est toujours coupée.
- (Yann) Justement,
c'est pour cela qu'on fait des interventions, pour trouver d'où vient la panne.
- (moi) Mais
bon sang de bonsoir ! C'est pas marqué, dans le dossier ? On le sait, d'où
elle vient la panne. Je l'ai dit à vos collègues depuis le 13 février.
Et Cyril m'a dit jeudi dernier que mes informations étaient confirmées
par ses recherches. Qu'il y a 50 personnes dans la même situation que moi dans
ma ville. C'est pas écrit ça, dans le dossier ?
- (Yann) Monsieur,
je peux vous dire que si on savait d'où vient votre panne, la réparation
serait immédiate.
- (moi) Vous
pouvez répéter ?
- (Yann) Je
dis : si on savait d'où vient votre panne, la réparation serait immédiate.
- (moi) Vous
dites : immédiate. Ça veut dire quoi, pour vous ?
- (Yann) Un
jour, ou deux maximum.
- (moi) Donc
vous venez de me démontrer que Cyril se paie ma tête quand il me dit
que la réparation est en cours.
- (Yann) Euh...
- (moi) Mais
c'est pas grave, j'ai bien enregistré. Ça me permettra d'alimenter la
procédure que je vais engager. Parce que maintenant, on a vraiment dépassé
les bornes de ma patience.
Ma quatrième semaine sans internet
s'achève, ainsi. Tristement. Sans appel de Cyril.
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