Non ! Vous ne rêvez
pas !
J'ai tenu 3 jours sans me rappeler au bon souvenir de Télé 2.
C'était un test : allaient-ils se souvenir de moi après une telle attente ?
Alors ? A votre avis ?
Mais bien sûr qu'ils se souvenaient de moi ! Ils trépignaient même
d'impatience.
Mais bon ! De là à décrocher leur téléphone pour
me tenir informé, faudrait pas trop en demander non plus.
Autre devinette : qui
décroche ?
Anthony !
Oui, Anthony, le petit soldat
irresponsable du 14 février, celui du 15ème épisode.
Vous avez déjà oublié ?
Si vous pensiez, comme moi,
que la succession d'interlocuteurs différents nuit à la continuité
du suivi de mon dossier, je peux maintenant vous détromper : Anthony est de
retour, et il se révèlera tout aussi inefficace qu'à sa première
entrée dans le feuilleton. A la limite, j'aurais préféré tomber
sur un nouveau venu, cela m'aurait donné une chance supplémentaire de dégotter,
par hasard, la perle rare qui d'un coup de neurone magique serait parvenue à débloquer
la situation.
Je vous passe les détails
de notre échange, ni plus ni moins fructueux que tous les autres. Anthony n'a rien
d'intéressant à me dire, et il tient à me le dire. Il découvre
avec plaisir dans le dossier que c'est Cyril qui s'occupe de moi dorénavant, et
pour lui c'est une réponse suffisante à mes interrogations :
- (moi) Ne
me dites pas qu'il s'occupe de mon dossier : je vous explique que depuis trois
jours, je n'ai aucune nouvelle de lui. Il m'avait indiqué que ce serait fait
pour la fin de la semaine au plus tard. D'ailleurs il m'avait dit la même chose
la semaine précédente.
- (Anthony) Ça
montre bien qu'il s'en occupe, Monsieur.
- (moi) Mais
non, au contraire !
- (Anthony) Mais
si : il vous a appelé la semaine dernière. Puis à nouveau
le 28 février. Donc il s'occupe de votre problème.
- (moi) Vu
sous cet angle, évidemment... Donc ça peut durer des mois et des mois,
mais je n'ai pas à m'inquiéter, Cyril s'en occupe. Je voudrais bien
que vous m'expliquiez un truc : le but de Télé 2, c'est de faire
fonctionner l'ADSL chez ses clients, ou bien de trouver une occupation à Cyril
?
- (Anthony) Je
ne peux pas vous dire. Je peux le contacter pour qu'il vous rappelle, si vous voulez.
- (moi) J'aime
bien le « Si vous voulez » ! Ce que je veux, de toute
manière, il n'en tient pas compte. Il devait m'appeler, il ne l'a pas fait.
Ou bien il l'a fait à un moment où je n'étais pas là.
- (Anthony) C'est
selon son planning.
- (moi) Oui.
Le mien n'a pas d'importance, évidemment. Je suis à sa disposition,
hein ? Vous êtes sûr que ça ne devrait pas être l'inverse
? Bon ! On est vendredi : alors avec son planning, quand va-t-il me rappeler ?
- (Anthony) Je
ne sais pas. C'est lui qui gère son planning.
- (moi) Mais
comment saura-t-il qu'il doit me rappeler ?
- (Anthony) Je
lui envoie un message.
- (moi) Dans
le message, précisez-lui que j'ai pris contact avec le Tribunal d'instance
et un avocat, et que je m'apprête à assigner Télé 2,
et à demander des dommages et intérêts.
- (Anthony) Je
l'indique dans le message.
Je sais ce que vous
pensez : « Dominique B., il bluffe. Il n'a vu aucun avocat, et ne sait même
pas où se trouve le Tribunal. »
Détrompez-vous !
Mais accrochez-vous, car ici débute
ce qu'on pourrait appeler « le feuilleton dans le feuilleton » :
le feuilleton judiciaire dans le feuilleton Télé 2.
Comme je sais que votre temps est compté, je vais faire vite...
D'abord, le 28 février,
je vous l'avais annoncé. Alors j'ai téléphoné aux juristes
de « Que Choisir ? » pour leur demander conseil.
Le lendemain, j'ai résumé la situation en deux pages, dans un courrier adressé
au Juge de proximité.
Puis je me suis rendu au Tribunal d'instance avec mon courrier. Là on m'a dit :
- deux pages, c'est trop long ;
- ensuite, il faut un décompte
précis des coûts dont je demande le remboursement (c'est impossible,
puisque je n'ai pas encore les factures de téléphone)
- enfin, c'est soit le remboursement,
soit l'injonction de faire, mais pas les deux. Pas avec une saisie directe du Juge
de proximité.
Bref, la greffière
m'a conseillé d'aller trouver un huissier de Justice, pour rédiger un acte
selon mes souhaits (évaluation forfaitaire des frais, dommages et intérêts,
injonction de faire et pénalités pour chaque jour de retard).
Dans le vent et sous la neige,
j'ai fait du porte à porte, dans toute la ville, d'étude d'huissier en étude
d'huissier. Quand je ne trouvais pas porte close, c'était pour tomber sur un secrétariat
refusant mon affaire : « nous ne rédigeons pas d'actes. Nous n'avons
pas le temps »
Après six études, à moitié congelé, je me suis réfugié
chez un avocat. La secrétaire a pris mon dossier en me disant qu'elle allait faire
son possible.
Le lendemain, elle m'a fait savoir qu'elle avait transmis le dossier à un autre
avocat, plus au fait des questions relatives aux nouvelles technologies.
Aujourd'hui, surlendemain, j'ai eu en ligne le nouvel avocat, qui n'a pas encore eu le
temps d'étudier le dossier.
Tremble, Télé 2 !
La Justice est en marche !