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Avant
d'entrer dans le vif du sujet, un petit retour en arrière
: il y a quelques jours, je relatais les interrogations agressives
à mon égard de deux ou trois ronchons sur un forum
(dont ils sont assez peu représentatifs, il faut bien le
dire). Et je me gardais bien d'y répondre.
En
substance : « mais il n'a rien donc rien d'autre à
faire, ce Dominique B. ? Il passe des heures à écrire
des âneries, et il se plaint de ne pas avoir d'ADSL ? Est-ce
utile l'ADSL, pour écrire des âneries ? »
Par
parenthèse : oui, c'est utile l'ADSL pour écrire
des âneries. La meilleure preuve, c'est le temps que passent
ces deux ou trois ronchons sur le forum en question. Désolé !
Ça me brûlait les lèvres !
Je
voudrais assouvir leur légitime curiosité : je ne
consacre pas tant de temps que cela à ce feuilleton.
D'abord,
cela n'aura échappé à personne : la présentation
générale de ces pages est à la fois assez
médiocre et tout-à-fait répétitive.
Médiocre parce que je n'ai aucun don artisitique. Répétitive
car je procède par copier-coller. Puis je modifie le titre,
et je n'ai plus ensuite qu'à raconter l'épisode
du jour. Sans aucune imagination, puisque je reproduis bêtement,
en général, le contenu de mes entretiens avec Télé 2.
Médiocrité,
répétitivité et manque d'imagination sont
les trois mamelles de mon feuilleton, et trois synonymes de paresse
totale.
D'autre
part, pendant la « période aigue »,
je veux dire avant le formidable dépannage d'Alice, mes
journées étaient particulièrement longues
et vides, et mes nuits courtes et denses. Mon travail consistant
presque exclusivement à répondre à des appels
téléphoniques, à mettre à jour des
informations sur internet et à échanger des courriers
avec divers interlocuteurs, on réalise mieux la situation
sous-tendue par une quadruple nécessité :
- être
présent à mon domicile dans la journée
: trop conventionnels, mes interlocuteurs me téléphonent
rarement la nuit
- ne pas m'endormir
tout-à-fait en plein jour : le HTML est l'outil idéal
pour s'épancher sans s'endormir
- mettre à
jour mes serveurs, de lire mes courriers, et d'y répondre
au moins une fois par 24 heures : le bureau mis à
ma disposition chaque nuit par mes beaux-parents me permettait
une telle organisation
- informer mes lecteurs
des développements du feuilleton : les clefs USB ont
sans doute été inventées pour moi, afin
de récupérer chaque soir l'épisode écrit
dans la journée et le transférer, d'un petit
coup de FTP magique, dès mon arrivée chez mes
beaux-parents
On
comprend mieux pourquoi les épisodes paraissent aujourd'hui
avec moins de régularité : c'est la faute à
Alice, qui me cloue à la maison et me contraint à
passer mes nuits au lit. Insatiable Alice...
Et
puis, je vais vous dire : sans fausse modestie, la fréquentation
du site est telle que tout compte fait je passe moins de temps
à écrire ces quelques lignes que vous tous à
les lire. Donc je ne perds pas tout à fait mon temps.
Aujourd'hui
une excellente nouvelle. A peine croyable !
A 10
heures, ce matin, appel d'un inconnu. Il se présente :
c'est un haut reponsable de Télé 2.
Ne riez pas : il y a donc des responsables chez Télé 2.
- (le
haut reponsable) Écoutez, Dominique...
vous permettez que je vous appelle Dominique ?
- (moi)
Dans la mesure où c'est mon prénom,
cela ne me paraît pas plus baroque que cela. Je suppose
que je dois vous appeler par le vôtre ?
- (le
haut responsable) Bien entendu. Moi, c'est Edmond.
Je sais que vous appréciez les prénoms...
- (moi)
Ah oui ! Je pense que vous faites allusion
au feuilleton, sur internet ?
- (Edmond)
Exactement !
- (moi)
Vous êtes donc effectivement un haut reponsable,
si vous avez accès à internet : de mes interlocuteurs
chez Télé 2, jusqu'à présent,
vous êtes le premier !
- (Edmond)
On est bien obligés de leur retirer cet
outil, car nos techniciens passeraient leur temps à
surfer sur des sites interdits.
- (moi)
Que voulez-vous dire ? Du porno ? Du pire,
tout pire ?
- (Edmond)
Bien pire !
- (moi)
Pire que le pire, tout pire ? Euh... Pas possible !
Vous voulez dire...
- (Edmond)
Oui, je pense que vous avez compris...
- (moi)
Non... le site de l'Assemblée Nationale ?
- (Edmond)
Ah non ! Quand même pas ! Ce serait
vraiment dégoûtant. Non, il s'agit des sites
de nos concurrents : Wanadoo, Tiscali, AOL, N9uf Télécom,
j'en passe et des meilleurs. Je veux dire : des moins biens.
- (moi)
Oui, enfin, vous savez... c'est pas sur ces sites
là qu'ils vont apprendre des choses bien compromettantes.
Mais dites-moi, je vous ai branché sur l'accès
à internet, et puis on a perdu un peu le fil, là.
- (Edmond)
C'est exact. Je sais que vos minutes sont précieuses,
que vous avez des choses à écrire, donc je ne
vais pas vous faire perdre votre temps. Je vais aller droit
au but : je suis mandaté par le Conseil de surveillance
de Télé 2 pour vous faire une proposition.
- (moi)
Vous me faites peur, là. De quoi s'agit-il ?
- (Edmond)
Vos
déboires avec nos services sont remontés au
plus haut niveau, savez-vous ? Nous avons parfaitement pris
conscience des inconvénients que vous avez eus à
supporter.
- (moi)
Inconvénients... le mot est faible !
- (Edmond)
Nous
nous comprenons, Dominique ! Alors voilà, trêve
de tergiversations. Tout d'abord, bien sûr, vous nous
adressez une note récapitulative de vos frais, avec
une estimation du préjudice, on va dire 5000 euros
tout compris, et nous vous remboursons immédiatement.
Ensuite, nous vous offrons l'abonnement pendant 10 ans. Mais
surtout, nous souhaitons vous faire tester en exclusivité
notre nouvelle technologie DSL, que nous serons les premiers
à proposer dans les mois à venir : le H-DSL.
- (moi)
Le H-DSL ? Jamais entendu parler... c'est
quoi, exactement ?
- (Edmond)
Vous
n'en avez pas encore entendu parler parce que nous travaillons
dessus avec Intel et IBM dans le secret le plus absolu. H-DSL,
c'est « Hyper-DSL ».
- (moi)
Mais encore ?
- (Edmond)
Je
ne peux pas tout vous dévoiler - d'ailleurs j'en serais
bien incapable, techniquement cela dépasse mes compétences
- mais cela permet des débits extraordinaires, dans
les trois sens.
- (moi)
Les deux sens, vous voulez dire ? Montant, et
descendant ?
- (Edmond)
Non,
non ! J'ai bien dit les trois sens ! Le sens montant,
le sens descendant, mais il y a aussi le sens transversal,
que toutes les technologies actuelles négligent, et
qui permet précisément ce débit extraordinaire.
- (moi)
C'est-à-dire ?
- (Edmond)
Eh bien, d'une certaine manière, on coupe
les bits en rondelles, on les enveloppe dans d'autres bits,
à plat, on referme le tout, un peu comme le kimbap
des Coréens, et on envoie ça sur la ligne. Le
système permet d'atteindre des débits invraisemblables.
On a calculé qu'on pourrait atteindre un débit
théorique maximum de 3,42 terrabits par seconde, sur
un tube de cuivre.
- (moi)
Sur un tube de cuivre ?
- (Edmond)
Oui,
un tube de cuivre. Les fils électriques, les paires
téléphoniques, tout ça, ce n'est pas
assez costaud pour le H-DSL.
- (moi)
Ben alors, c'est inutilisable, votre machin !
- (Edmond)
Mais si, au contraire : toutes les maisons,
ou presque, sont équipées de tubes en cuivre
pour l'eau et le gaz. C'est ça le support du H-DSL.
D'où le rapprochement Télé 2 - Gaz
de France, dont vous avez dû entendre parler.
- (moi)
Euh.. moi, vous savez, la Bourse c'est pas trop
mon truc.
- (Edmond)
Rassurez-moi : vous avez le gaz, ou l'eau courante,
chez vous ?
- (moi)
Oui, évidemment ! Je ne connais rien
à la Bourse, mais je suis civilisé quand même !
- (Edmond)
Alors pas de problème pour le H-DSL
- (moi)
Et ce serait pour quand ?
- (Edmond)
Aujourd'hui même, Dominique !
- (moi)
Aujourd'hui ? Mais on est samedi ! Vous
voulez faire des branchements comme ça le samedi, déranger
tout le monde ? Je sais bien que vous vous sentez responsable
de tout ce qui m'arrive, mais bon ! On aurait pu attendre
la semaine prochaine, non ?
- (Edmond)
Non; non, non ! surtout pas ! Il faut
absolument que ce soit fait aujourd'hui : comme on dit, il
faut battre le fer quand il est chaud.
- (moi)
Oui, ce n'est qu'une expression, ça. C'est
comme boire le vin quand il est tiré. Prendre le poisson
quand il est ferré.
- (Edmond)
Je ne vous le fais pas dire ! Exactement !
Poisson
d'avril !
Nom
d'un chien !
Ce que c'est bête, cette coutume du premier avril.
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