Depuis
hier, rien !
Si
Télé 2 pouvait faire encore plus dans le rien,
on appellerait cela le néant !
Ça
doit être pour cela que Télé 2 m'a tout
de même adressé un signe ce matin.
Oui ! Télé 2
m'a écrit aujourd'hui !
Ah ! Vous êtes surpris, non ? surtout que je viens
de dire le contraire.
Car
soyons sincères : Télé 2 m'a écrit,
mais sans le savoir, en quelque sorte.
C'est
un courrier qui de toute évidence ne m'est pas destiné
individuellement.
C'était dans ma boîte aux lettres, mais il n'y a
ni mon nom ni mon adresse sur le document.
Ce serait dans ma boîte aux lettres électronique,
j'appelerais cela du spam.
Là c'était dans ma boîte aux lettres métallique
et normalisée : appelons-le « courrier non sollicité »
Très
vite, j'ai compris que ça ne parlerait pas d'ADSL : il
est question du nouveau Sagem MyC4-2, de Télé2 Mobile,
d'appareil photo numérique intégré, ça
fait déjà plein de choses, ce serait contre-productif
d'y ajouter des informations sur les soucis ADSL rencontrés
par les habitants de la commune abonnés à Télé 2.
Je
vous l'avais dit récemment : le Maire, s'il attend que
Télé 2 s'exprime sur ce sujet épineux,
il peut s'accrocher.
Pour
être tout à fait honnête, sachons tout de même
apprécier un geste commercial.
Conscient de s'adresser à une population privée
d'ADSL dans des conditions lamentables, Télé 2
nous fait un cadeau, en dédommagement : un petit stylo
plat et rouge, arborant le sigle Télé 2, est
inclus dans le blister qui enveloppe cette notice publicitaire.
Les
mauvais coucheurs - des contempteurs, André ? - bougonneront
que ce stylo doit revenir à peu près à 5
centimes d'euro par pièce. Soit !
Mais arrêtons de ne prendre les choses que par le mauvais
bout de la lorgnette.
Lecteur bougon, t'est-il venu à l'esprit un seul instant
que tu n'es pas seul ? Que ce stylo, Télé 2
en a inondé près de 200 000 personnes ?
Prends ta calculette, lecteur contempteur, et qu'obtiens-tu ?
Eh oui ! 10 000 €
Dix mille euros ! Tu te rends compte du sacrifice que Télé 2
consent pour toi, qui viens d'ouvrir ton courrier matinal ?
J'incite
tous mes lecteurs (les bougons, les contempteurs, et les autres
aussi) à profiter de ces quelques instants de bonheur béat
pour parfaire à présent leurs connaissances dans
l'art de déjouer les pièges consuméristes.
La
plaquette publicitaire annonce en effet ceci :
- 0
€
pour toute souscription à l'un des forfaits Télé2
avec
en tout petit un renvoi vers les conditions à l'intérieur.
A l'intérieur,
on retrouve presque la même chose, de manière plus
insistante :
- 0 €
seulement... pour toute souscription à l'un des 4 forfaits
Télé2
avec à nouveau
un renvoi vers des précisions en tout petits caractères.
De
nos jours, c'est un cliché que de stigmatiser la perfidie
des mentions écrites en tout petit dans les annonces publicitaires.
Le cliché vire au poncif stendhalien si je précise
que la mention est illisible, en noir sur fond rouge.
Mais
si vous imaginez que les publicitaires sont retors, vous vous
trompez.
Ils ne sont pas retors.
Ils sont cyniques.
Ils
vous ont laissé des indices à peine visibles, mais
juste assez, pour que vous ayez l'attention attirée par
ces mentions en tout petit.
Vous, secrètement, vous savourez déjà votre
victoire : vous avez détecté les mentions illisibles.
C'est écrit en noir sur fond rouge ?
Cela vous convainc définitivement. C'était pour
vous piéger, et vous avez déjoué le piège.
Et vous vous concentrez sur les mentions illisibles.
Il est bien attrapé, le publicitaire !
Eh
bien non ! Vous vous êtes fait avoir !
Le publicitaire a savamment détourné votre attention
sur un truc sans aucune importance.
Et ce qui est important, c'est écrit en gros, dans la publicité,
très lisiblement.
Incontournable.
Comment
ça ? Vous ne voyez pas ?
Dans « un des forfaits Télé 2 »,
ce qui est important c'est le mot « forfait »
!
Il
faut vous mettre les points sur les « i »
?
Alors je vous livre ces deux expressions, extraites de mon dictionnaire :
-
déclarer forfait : annuler
unilatéralement un engagement
- « une
fois son forfait accompli, le scélérat
abandonna ses victimes »
Je
ne sais pas pour vous, mais moi je ne tiens pas à souscrire
à un forfait, pour me retrouver victime d'un scélérat
qui annule unilatéralement ses engagements.